Ptipio des bosquets

Nom latin : Ptipius glutinus

Le Ptipio est assez commun dans les bois de conifères. Très discret, il échappe à la vue des joyeux randonneurs, voire aux randonneurs tristes accablés par le naufrage de l’économie française, car c’est un animal doué d’homochromie (comme le caméléon) ce qui fait que, prenant l’aspect de son environnement, on ne le voit jamais. Il n’y a que des mecs comme moi qui peuvent le voir, c’est tout un boulot.

Le nom latin Ptipius glutinus vient du fait que sa peau est recouverte d’un voile visqueux (la glutine) qui ressemble à de la bave d’escargot, mais en plus répugnant.

Sa reproduction est difficile, car les organes sexuels ne sont jamais placés au même endroit du corps. Résultat, quand il veut s’accoupler, le mâle ne sait pas à l’avance sur quelle configuration de femelle il va tomber. De plus la femelle est trois fois plus petite que le mâle. Alors, si par aventure vous voyez un mâle agiter son popotin, n’en concluez pas qu’il est en train de danser, il se livre probablement à un coït forcené. Il parait d’ailleurs que le Ptipio est un bon coup. Il faudrait vérifier quand même, avant de porter un jugement aussi définitif. Je m’y emploie. Je vous teindrai au courant dès que possible.

La femelle est ovipare. Elle pond et couve une dizaine d’œufs ressemblant à des glands (toujours la technique de l’homochromie !), pour échapper aux prédateurs qui en sont friands. La différence entre un gland et un œuf, c’est que l’intérieur d’un gland est dur et blanc alors que l’intérieur d’un œuf, grisâtre et pâteux, contient un fœtus (ce n’est pas très appétissant en fait…). Le petit Ptipio ne casse pas l’enveloppe glandulaire avec son bec (il n’en a pas !), mais c’est l’augmentation de volume du fœtus au fil du temps qui finit par provoquer l’éclatement de l’œuf. Le petit Ptipio peut alors se réfugier auprès de sa chère Maman qui couvait jusqu’alors sa progéniture. La maman Ptipio et ses petits forment alors un tableau vraiment attendrissant qui, à l’instar d’une maman chatte et de ses petits, pourrait sans démériter figurer sur un calendrier des Postes.

Le vrai danger pour la mère et ses petits (qui ressemblent de loin à un tas de brindilles) c’est la vieille personne pauvre et crevant de froid, sillonnant la forêt les soirs d’hiver pour ramasser le petit bois qui alimentera l’âtre de sa chaumière, sans se soucier de protéger cette espèce menacée. Que fait la police pour mettre fin aux sombres méfaits de ces odieuses prédatrices ? Encore un curieux dysfonctionnement français, orchestré par le très puissant et très occulte lobby du 3ème âge. Je dis ça, je dis rien…

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