Crapio des vasières

Endémique sur le littoral atlantique, le Crapio des vasières est un animal bon enfant et facétieux. Tapi dans la vase, il donne l’impression de jeter sur le monde un regard amusé. Qu’on ne s’y trompe pas, son nom scientifique (Bufo Calamita) nous alerte sur sa dangerosité : sa peau abrite des glandes venimeuses secrétant un liquide blanchâtre alcaloïdeux très irritant pour les muqueuses. Donc, les Enfants, ne caressez pas le gentil Crapio, sauf si vos parents vous y autorisent (quand, par exemple, vous avez eu des mauvaises notes à l’école). De nombreux lecteurs déplorent la frilosité de mes articles lorsqu’il s’agit d’aborder le sujet sensible des modalités d’accouplement. Sont-ils animés par une curiosité malsaine ? Sont-ils friands de littérature pornographique ? Ils risquent d’être déçus une fois encore par la sexualité des Crapios : la Crapiole pond d’abord les œufs, le Crapio vient ensuite se frotter sur ceux-ci jusqu’au moment où, au comble de l’excitation, il les inonde de spermatozoïdes. Cette méthode de reproduction, sans préliminaires ni intromission, donc passablement ennuyeuse somme toute, porte le nom scientifique de Pédofilius Prenatalys. Assez rare, elle est par exemple adoptée par le bien connu Cacahio du Brésil, dont nous parlerons prochainement dans cette rubrique. Est-il pour les pêcheurs à pieds ce que le crapaud des forêts est aux ramasseurs de champignons ou de bois de chauffage ? En d’autres termes, est-il doté de pouvoirs magiques ? Certains témoignages le prouvent, comme celui de Mézig Brézoneg qui, par un beau matin de juillet 1879, jour de grande marée, était à la recherche de coques, palourdes et autres couteaux sur la petite mer de Gâvres, dans le Morbihan. Il faillit marcher sur un Crapio qu’il n’avait pas vu. Nous donnons la parole à Mézig : –          Alors l’animal se transforma en une très belle fée qui me tint à peu près ce langage : « Pour te remercier de ne pas m’avoir écrasée, je t’accorde la possibilité de faire trois vœux que j’exaucerai » Mézig répondit : « Je veux :

  • Devenir riche,
  • Avoir une très belle femme,
  • Posséder une grande maison ! »

Comme on le voit, Mézig n’avait pas beaucoup d’imagination ! N’importe qui à sa place aurait souhaité que les guerres disparaissent de la surface de la Terre, que la pauvreté soit éradiquée à tout jamais et qu’on n’invente pas les boissons gazeuses qui font grossir. Merci Mézig, grâce à vous nous avons eu :

  • 14/18,
  • la guerre de 40,
  • la guerre des roses,
  • et la guerre des boutons.

Sans compter que les pauvres sont tellement nombreux que les riches sont contraints de devenir de plus en plus riches. Nous ne parlerons pas de l’augmentation inquiétante du poids totale de la population, au point que l’axe de notre planète s’est dangereusement déplacé ! Mézig ! Vous n’auriez pas pu l’écraser, ce putain de Crapio ? C’était trop vous demander ? Y’en a j’vous jure….

Gérard Campan

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